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Stratégie d’adaptation et d’atténuation au changement climatique en milieu urbain

Publié le : 06 Jun 2026

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Cet article est un extrait de la Stratégie nationale d’adaptation et d’atténuation au changement climatique et de réduction des risques de catastrophes en milieu urbain en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC), le Département Multidisciplinaire de Gestion des Risques (DMGR), et avec l’appui de l’ONU Habitat.

 

Le changement climatique n’est plus un mythe. C’est actuellement un phénomène universel, dont les manifestations et les effets sont de plus en plus importants. En raison du changement climatique, les catastrophes affectant l’Afrique – telles que les cyclones, les inondations, la sécheresse et les épidémies – augmentent en fréquence, en imprévisibilité, en gravité et en impact. Comme cela a été très clairement illustré par la crise sanitaire du Covid-19, les zones urbaines sont généralement plus vulnérables aux risques que les zones rurales en raison de la densité de la population, de la concentration des actifs et des activités dans des zones géographiques relativement plus étroites. Ainsi, ces événements ont un impact sur un éventail de secteurs : de l’approvisionnement en eau aux systèmes alimentaires et sanitaires, et comportent de manière disproportionnée les populations marginalisées et vulnérables.

A Madagascar, le changement climatique est une réalité dont les conséquences se font de plus en plus ressentir. Les aléas les plus importants sont les cyclones, les inondations et la sécheresse. Ils deviennent de plus en plus fréquents et intenses et génèrent des impacts importants notamment en matière de pertes de vie humaine, de diminution de production agricole et animale, de destruction des infrastructures, de dégradation des ressources naturelles (eaux, sols et forêts) et d’érosion côtière, rendant ainsi précaires la nourriture, l’alimentation en eau potable et le cadre de vie. Ces impacts mettent la population malgache et ses activités de développement en situation de vulnérabilité répétitive et croissante.

En milieu urbain, le passage des pluviométries s’accompagne d’inondations et devient de plus en plus dévastateur chaque année entraînant de plus en plus de pertes économiques et familiales et d’options de subsistance.

Les villes côtières et leurs périphéries présentent de plus en plus des extensions non maitrisées de l’urbanisation et des activités non contrôlées et/ou non réglementées, qu’il s’agisse de la pêche, de l’exploitation du bois, des activités touristiques ou encore des activités industrielles. La pollution tellurique, due à l’érosion des bassins versants déboisés, affecte presque toutes les zones côtières du pays : envasement des plaines côtières et des rizières, salinisation des sols, dégradation des récifs et des zones de mangroves.

Les effets à long terme du changement climatique tels que l’élévation du niveau de la mer, la sécheresse et l’ensablement entraînent une augmentation des coûts économiques et ménagers et à la perte des moyens de subsistance.

Réduire la vulnérabilité des populations en milieu urbain face au changement climatique et préserver leur bien-être, constituant ainsi pour Madagascar, une des principales priorités mais aussi un grand défi pour l’atteinte de l’ODD 11 : « Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables ».

C’est dans cette optique de la Politique Nationale de Développement Urbain (PNDU) a été adoptée en 2019, avec une Vision exprimant entre autres l’aspiration « pour des villes résilientes et durables ». D’autre part, le pays s’est doté de la Politique Nationale d’Adaptation au changement climatique, et de la Politique et de la Stratégie nationale de gestion des risques et des catastrophes (P/SNGRC), ainsi que de la Stratégie de financement de gestion des risques et des catastrophes (SFGRC). Ces cadres politiques et stratégiques traduisent l’ambition et l’engagement de Madagascar à atteindre les objectifs de développement et à renforcer la résilience.

Sur le plan mondial, les scientifiques et les experts issus de nombreux pays, réunis au sein du GIEC, ont abordé pour la première fois en 2021, les effets du changement climatique sur les villes et les infrastructures, d’où la décision d’établir en 2024, un rapport mondial spécial sur « le changement climatique et les villes », dans le cadre du septième cycle d’évaluation du GIEC (AR7). D’autre part, en matière de réduction des risques et des catastrophes, un accord mondial a été adopté en 2015, à savoir le Cadre de Sendaï, lequel visa à réduire et à prévenir les risques de catastrophe dans le monde entier et à y faire face. Le Cadre de Sendaï (CAS) couvre la période de 2015 à 2030.

Conformément à ces exigences mondiales et nationales, le Ministère en charge de l’Aménagement du Territoire et le Ministère en charge de l’Environnement souhaitent mettre en place des solutions et des conditions gagnantes pour le développement des villes face au changement climatique et aux risques de catastrophes. La Stratégie nationale d’adaptation et d’atténuation au changement climatique et de réduction des risques de catastrophes en milieu urbain, baptisée SAACCU, énonce ainsi les engagements des deux Ministères, avec la collaboration des autres membres du Gouvernement et des CTD dans la réalisation de leur mission et de leurs différents mandats respectifs.

Pour atteindre les objectifs ambitieux, la Stratégie a établi quatre (4) grandes priorités, traduites en axes stratégiques :

Axe 1 : Une meilleure connaissance et compréhension des risques pour les villes et par les villes ;

Axe 2 : Des investissements en GRC et en ACC, bien planifiés et à la hauteur de l’urbanisation rapide ;

Axe 3 : Renforcement de la gouvernance urbaine et décentralisée ;

Axe transversal : Déployer une communication proactive et positive en faveur de la résilience urbaine.

La mise en œuvre réussie de cette Stratégie repose sur quatre (4) piliers fondamentaux : (i) des dispositifs légaux et réglementaires, (ii) des dispositifs de financement, (iii) des structures efficaces composées de divers organes d’exécution, (iv) une bonne planification de la mise en œuvre.

Ainsi, à travers des actions concrètes réparties au niveau des quatre axes stratégiques, il sera attendu que :

  • des décideurs et des gouvernants soient bien informés et comprennent bien des enjeux des risques et des effets du changement climatique au niveau des villes ;
  • des Villes soient bien gouvernées et bien planifiées ;
  • des investissements et des aménagements urbains résistants, qui produisent des impacts conséquents à l’échelle de chaque Ville soient faits ;
  • des acteurs sectoriels soient bien coordonnés dans l’exécution des activités sur le terrain ;
  • des entreprises privées soient engagées pour travailler de concert avec l’Administration publique ;
  • des acteurs urbains, notamment des citadins, soient conscients des enjeux climatiques de comportement, et implémentent des actions climatiques pratiques à leur portée, dans le plein respect de la planification territoriale.

En dernier point, un ajustement ou une mise à jour de la présente Stratégie et de son plan d’action est envisagé autant que de besoin, sinon avant son échéance en 2030, pour tenir compte des nouveaux contextes ou enjeux (naturels, institutionnels, politiques, économiques, démographiques, technologiques, etc.) sur le plan mondial, national et local. A ce titre, il y a besoin de faire l’évaluation de sa mise en œuvre à mi-parcours.

Vous pouvez retrouver ce document directement sur le site de l’observatoire ( https://observatoire-territoire.mg/ ), sous la rubrique “Publications”.